L'incinérateur de mythes

Une panoplie de mythes et légendes urbaines gravite autour de l'industrie funéraire. En voici quelques-uns, déboulonnés pour vous.


Les cendres retrouvées dans une urne ne sont qu’en partie celles du défunt. Une part importante provient du cercueil de crémation.
Faux. À moins d’avoir un surpoids important, le cadavre est incinéré dans une boîte de carton qui laisse très peu de cendres après deux heures à 1 050 °C. Les cendres proviennent presque seulement des os du défunt.

Plusieurs dépouilles peuvent être incinérées simultanément afin de réduire les coûts d’opération.
Faux. Le four crématoire ne peut contenir qu’une personne à la fois. L’embouchure est un carré d’environ 60 centimètres de côté et l’incinérateur fait près de 2,25 mètres de profondeur.

Des funérailles coûtent en moyenne plus de 10 000 $.
Faux. Selon le directeur de la coopérative funéraire La Seigneurie, Jules Gagnon, la moyenne serait plutôt de 4 000 $ dans le cas d’une incinération et de 5 500 $ pour l’inhumation d’un corps. Toutefois, les prix varient énormément selon les différents services et à-côtés désirés, ainsi que le modèle d’urne ou de cercueil sélectionné. Il faut aussi ajouter à cela les coûts engendrés par la succession testamentaire.

Les photos dans les catalogues de signets mortuaires sont celles d’anciens clients ou d’employés des entreprises de reprographie.
Faux. S’il fut une époque où il était possible d’utiliser des photos d’employés, les gens sont aujourd’hui beaucoup plus soucieux de leur image selon Yvon Wagner, directeur des opérations chez Mémento. Ce sont des modèles qui posent dans les catalogues et les photographies ont été dûment achetées.

Les organes sont retirés du corps lors de la procédure d’embaumement.
Faux. Les organes ne sont pas retirés du corps lors de l’embaumement. De leur côté, le contenu des viscères et le sang sont expulsés dans les égouts. Notons toutefois que certains salons possèdent un centre de filtration et d’épuration des résidus.

Les thanatologues sont tous «gothiques» et/ou excentriques.
Faux. Selon l'embaumeuse Nancy Pelletier, les «gothiques» sont d’ailleurs les premiers à quitter le milieu lorsqu'ils réalisent que leurs attentes ne correspondent pas à la réalité. Les thanatologues, comme la plupart des gens travaillant dans l’industrie funéraire, sont sociables et faciles d’approche, a ajouté la professionnelle.

Pour pratiquer la thanatologie, il faut posséder un diplôme universitaire.
Faux. En réalité, la formation consiste en une technique, c’est-à-dire un diplôme d’études collégiales. Au Québec, seul le Collège de Rosemont, dans la région de Montréal, offre cette formation.

Il est impossible d’exposer un défunt sans qu’il soit embaumé.
Faux. Exceptionnellement, cette situation peut arriver si l’exposition a lieu dans les 24 heures suivant le décès et qu’une incinération a lieu par la suite. À l’inverse, dès que l’embaumement a eu lieu, l’exposition peut attendre. Un corps embaumé peut demeurer présentable plusieurs années.

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