La mort est une ressource dont on
peut vivre. Au Québec, l’industrie
funéraire a un chiffre d’affaires de 300 millions de dollars, selon l’Institut
de la Statistique du Québec (ISQ). Et le marché est appelé à croître avec le
vieillissement de la population.
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| La popularité exponentielle de la crémation a notamment contribué à l'explosion des services connexes offerts par les salons funéraires, comme la cérémonie, le buffet ou les articles commémoratifs. |
À son avis, la compétition déjà
forte dans le domaine devrait s’intensifier dans les années à venir à cause du death boom, c’est-à-dire la mort des baby-boomers. Le nombre de décès croit
de 2 % par année au Québec et a atteint les 60 000 en 2011. Selon l’ISQ, le
nombre de morts annuel devrait avoisiner les 100 000 d’ici 20 ans.
«C’est une industrie sûre. On a un
public captif. Peu importe le contexte, ça meurt tout le temps. On aimerait
bien pouvoir prendre congé à l’occasion, a lancé M. Wagner mi blagueur. C’est
de plus en plus rentable, même si les boomers
vivent plus longtemps que prévu.»
Le marché attire donc la concurrence
internationale. Des maisons funéraires, telles Urgel Bourgie et Lépine
Cloutier, sont détenues par des investisseurs américains. Près de la moitié des urnes proviennent d’Inde ou de Chine, a également noté le directeur de Mémento.
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| Le coût d'un cercueil fluctue entre 800 $ et plus de 10 000 $. |
Des prix de tout ordre
D’après Jules Gagnon, directeur général de la coopérative La Seigneurie, des funérailles avec incinération coûtent en moyenne autour de 4 000 $ par rapport à plus de 5 500 $ avec inhumation du corps.
Il faut toutefois garder à l’esprit
que les prix des différents services varient beaucoup. Ainsi une urne peut
coûter entre deux cents et quelques milliers de dollars. De même, les cercueils
fluctuent entre 800 $ et plus de 10 000 $. Il faut ensuite ajouter des frais en
fonction des particularités: repas, messe, durée d’exposition, emplacement du
lieu de repos, que ce soit dans un cimetière ou dans un columbarium.
«Le minimum, c'est 1 136 $. À ce prix-là, on va chercher le corps, on l’incinère et on remet les cendres à la famille
dans une boîte de carton», a détaillé M. Gagnon. Il est néanmoins possible
d’avoir des funérailles plus conventionnelles incluant une célébration
religieuse de la Parole, une annonce dans le journal et deux heures
d’exposition pour une somme de 2 500 $ à 4 000 $, selon le mode de disposition du
corps.
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| Selon Jules Gagnon, «c'est un privilège d'accompagner les gens dans leur deuil». |
Plus que des
hommes d’affaires
Pour M. Gagnon, il serait cependant fallacieux
de présenter les directeurs de salons funéraires comme de simples
entrepreneurs ou vendeurs. «Je ne vais pas essayer de pousser les gens vers
une décision. Je n’aurais pas enduré ce travail-là si ça avait été seulement
une question d’argent. C’est un privilège d’accompagner les gens dans leur
deuil, a-t-il objecté. Cela dit, je ne suis pas un curé et je n’en serai jamais un.»
«On s’habitue à tout dans ce
domaine, mais être conseiller aux familles, c’est de loin l’emploi le plus
difficile du milieu. Ça prend énormément d’empathie et des nerfs solides», a
d’ailleurs commenté le directeur de Mémento, Yvon Wagner.



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